lundi 30 juillet 2018

Sur un mot, sur une rime


 Sur un mot, sur une rime

Sur une rime, je m’accroche
Sur un mot je me cramponne
Par monts et par vaux
sur mon bateau je vais sur l’eau

Rimes croisées
Mes rêves deviennent réalité
Rimes enchâssées
je perds pied.

Sur une émotion
Les yeux mi-clos
Le chant de l’eau
Résonne de milles clapots

Sur une comparaison
entre alexandrin et quatrain
Le vent souffle sa rébellion
Comme une oraison.

Sur une métonymie
Les cormorans gris et blancs
Ont des reflets d’argent
Sur la mer en furie.

Les mouettes rieuses
Me regarde dans les yeux
prenant  le temps
de s’envoler dans le vent.

Terre brulée
Par le soleil d’été
Esprit torturé
D’une poésie engagée

Sur un point virgule
Un vent tournant
D’un autre temps
Et tout se bouscule.

Sur une assonance
Souvent  je fais ce rêve étrange
Souriant et pénétrant
Se déchaine les éléments.

Sur un enjambement
Désespoir ou enchantement
Sur les océans
Ma vie en dépend.

Sur une onomatopée
Mon Rêve brisé
Pieds et mains liés
Résonne dans le nordet.

Sur un rejet
Le point final et,
tout me parait banal ;
S’en est fini ma ma ballade

 Florence

samedi 28 juillet 2018

Le temps

Le temps s 'étale
Il prend ses aises
Les heures s'égrènent sans bruit
Juste la nuit, le jour.
Longues plages vides de sens
Vides d'amour

Le marais est gris , fade
Les oiseaux sont cachés
Un héron cendré se fond dans le paysage.

Le temps a perdu l'équilibre
Rivière gorgée d'eau
Inondant les champs,
La solitude.

mercredi 25 juillet 2018

Attente


En attente souvent je regarde la vie
Et m’effraie à savoir où je suis
Dans une profonde nuit
A l’heure du point mort
Le sang dedans mon corps
Se bat à fleur de peau
Combien faut-il de mots 
Combien faut-il d’écrits 
Pour enfin libérer l’esprit ?
Au-delà de la blanche page
Je sais une intime plage
Au creux de ses marées
J’aime m’y réfugier
   Emportés par mes larmes de fond,
Mes tourments y périssent
Des vaguelettes rieuses en moi se glissent
Elles me chatouillent du côté de la vie
M’obligeant à quitter le gris
Puis m’entrainent vers le sourire
Et me raniment l’âme au devenir
Alors je me pose en ma plage poésie



Marie-Odile

En premières lignes




 Le nu retrouvé

Je me suis promenée au bord de la folie,
Espace couleur de pomme,
Convergence des multiples factions du muet
Atome égaré en la matière sèche du pain des étoiles

C’était près. En pays heureux.
Tu es encore une fois la bougie où sombrent les ténèbres,
Dans le ciel des hommes
La nuit était ancienne.

Je t’ai montré la Petite Pierre
Dans la moelle épinière du temps
J’ai reconnu les funèbres farandoles
Refoulées par le jour, effacées de notre regard

Jeunesse des dupes, tu retourneras à ton désordre
Sur la médiane du soir
Mets-toi à la place des dieux
N’émonde pas la flamme !

Vous seules folles feuilles remplissez votre vie,
La chaude écriture du lierre
S’assure des ses propres murmures…
Qui l’entendit jamais se plaindre ?

Girolles de la nuit
Lucioles sur la brisure du jour,
Porteront rameaux celles dont l’endurance
Retardera l’éclosion du présent

Couchées en terre de douleur
Elles prenaient pour de la clarté le rire jaune des anguilles
Les pierres se serraient dans le rempart
Promptes à se joindre, à se réconcilier

L’ouragan dégarnissait les bois,
Les gels en meute se rassemblaient
Chaque cité était cérémonie murmurée,
Verbes d’orages raisonneurs.

Danielle Fayet,
avec la contribution posthume
 (et donc involontaire !)
de René Char,
24 juillet 2018

mardi 24 juillet 2018

La poésie : recette


La poésie : recette

Choisir un mot
En explorer toutes les lectures possibles
Le presser, le compresser
Pour en sortir le meilleur.

Choisir le plus opportun
Pour donner vie,
À un tout petit rien
De notre quotidien.

Choisir un thème
Ou se laisser emporter
Se mettre à nu
Et danser sur une page blanche.

Choisir de figer un instant, un sentiment,
Avec précision et concision
Aller à l’essentiel
Sans fioriture, aucune.

Choisir de se regarder
De se pencher pour cueillir
La poésie qui est là,
Partout autour de nous.

Choisir de jouer avec les mots
d’écrire la poésie
Comme une lettre d’amour
Au monde qui nous entoure ;

Et lui offrir notre plus beau bouquet de mots.

Florence

Ephémère


Éphémère

Matière brute et informe
Sous mes yeux ébahis
Tu prends vie.

     Étendue sur le sable mouillé
     Sous le soleil d’été
     Tu te laisses aller.

A la truelle
Il trace tes formes
Avec volonté.

       Je vois le grain de ta peau
       Le galbe de tes seins
       Le nœud dans tes cheveux.

Au scalpel
Il dessine tes courbes
avec délicatesse.

       La douceur de ta peau chamarrée
       Tes boucles d’oreilles finement ciselées
       Le mouvement de tes cheveux dans le vent

De  ses mains,
Il te donne vie
Avec douceur.

       Tes lèvres délicatement entrouvertes
       A pleins poumons
       Tu respires l’océan.

Au pinceau,
Il creuse les plis de ton corps
Avec pudeur.

       Ton parfum salin
       Le goût iodé de tes lèvres sur les miennes
       Sur une vague j’embarque.

Un pas en arrière, Il t’admire.
L’œil critique, Il te regarde.
Aucune imperfection ne lui échappe.

       Je me délecte
       Je vous admire,
       Je chavire.

Revenir près de toi
Parfaire son œuvre
Te caresser amoureusement.

       Le souffle court,
       Hypnotisé
       ton créateur, je jalouse.

Sculpteur d’un jour ou d’un soir
Ici ou là-bas
Sans cesse recommencer

       Sous mes yeux émerveillés
       avec  dextérité
       l’artiste te fait naître.

Au gré des rencontres
L’espace d’un instant
L’espace d’une heure.

       Tu prends forme,
       Tu prends vie,
       Tu respires.

Immortaliser
Une beauté rencontrée
Une beauté inventée.

       Bientôt, il ne restera de toi
       Que ton souvenir
       Dans mon jardin secret
       Enfoui au plus profond de mon âme.

Du Touquet à St Palais,
Comme vous le dites,
Monsieur l’artiste
« Tout finit par s’en aller un jour ou l’autre »

       Ta beauté s’évanouit
       Mon rêve avec toi
       s’en va.

Florence