mercredi 27 juin 2018

Ce rouge... !

Le rouge de ces fraises... !

C'est un élan de vie que tu m'as donné là, le jour où tu as peint cette nature-morte si vivante !

Toi dont je n'arrive pas à déchiffrer le nom (eh non, pas de cartel, on n'est pas dans un musée, le petit tableau est dans ma cuisine), je t'imagine devant la petite installation du jour : une commode acajou, un napperon de dentelle -comment peux-tu avoir le pinceau si léger?- une jatte de céramique émaillée de blanc crème et de vert jade, débordante de ces fruits fugaces du début de l'été, qu'on sent gorgés de jus parfumé ; ces fraises ne demandent qu'à être croquées...

La jatte est si pleine que quelques fruits ont roulé à côté, sur le délicat napperon blanc ; sensation d'abondance.

La lumière vient de la gauche et ensoleille l'émail de la jatte, donne de la rondeur aux fraises.

Ce rouge... la multitude de minuscules points blancs qui figurent les infimes pépins fait ressortir l'écarlate.

Vraiment, on en mangerait, là, maintenant...

Et derrière la jatte, posé sur la commode, se discernant à peine sur le fond brun doré, un verre à pied et à facettes, vide.
Est-il seulement dessiné, est-il seulement peint ?
C'est la transparence, l'idée même de transparence que tu me donnes là.
Comment peux-tu avoir le pinceau si délicat ?

Vingt centimètres sur vingt-cinq, encadrés de blanc, or et vert profond, un concentré de vie dans une nature-morte...


C'est l'hiver, quand tout alentour est endormi, gris et tôt crépusculaire, qu'il agit, mon petit tableau : il me dit chaque matin, au petit déjeuner « prends patience, le temps des fraises reviendra ».


                                                                                          marijo

5 commentaires:

  1. On en mangerait comme on dit !
    J'aime beaucoup la dernière phrase" prends patience, le temps des fraises reviendra". Tu as su nous faire découvrir par petites touches tout le réalisme de ce tableau.
    Attention à trouver une forme poétique, par la mise en page, le rythme, une anaphore... Si on veut rester dans un forme poétique il faut peut-être jouer un peu plus avec les mots... Peut-être en soulignant ce qui fait l'essentiel, en gardant une forme épurée. Je trouve ton texte très réussi mais il n'est peut-être pas "poétique"... Ou alors l'écrire sans sauter du tout de ligne, revenir à une forme telle que les poèmes en prose de Baudelaire. Je crois qu'il lui manque un petit quelque chose...
    mais le tableau semble très chouette !!

    RépondreSupprimer
  2. Oui je suis d 'accord on en mangerait.
    Bisous Mariejo

    RépondreSupprimer
  3. Ah la la !... Comment accéder au langage poétique ??? en tout cas, je sens l'attente et le regard rêveur que tu poses, machinalement, sur ce petit tableau, en touillant ton café...

    RépondreSupprimer
  4. C'est sûr, on en mangerait de ces fraises. Et on attendrait presque l'hiver avec impatience pour donner à ce petit tableau tout son rôle.

    RépondreSupprimer

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.