Le nu retrouvé
Je me suis promenée au bord de la folie,
Espace couleur de pomme,
Convergence des multiples factions du muet
Atome égaré en la matière sèche du pain des étoiles
C’était près. En pays heureux.
Tu es encore une fois la bougie où sombrent les
ténèbres,
Dans le ciel des hommes
La nuit était ancienne.
Je t’ai montré la Petite Pierre
Dans la moelle épinière du temps
J’ai reconnu les funèbres farandoles
Refoulées par le jour, effacées de notre regard
Jeunesse des dupes, tu retourneras à ton désordre
Sur la médiane du soir
Mets-toi à la place des dieux
N’émonde pas la flamme !
Vous seules folles feuilles remplissez votre vie,
La chaude écriture du lierre
S’assure des ses propres murmures…
Qui l’entendit jamais se plaindre ?
Girolles de la nuit
Lucioles sur la brisure du jour,
Porteront rameaux celles dont l’endurance
Retardera l’éclosion du présent
Couchées en terre de douleur
Elles prenaient pour de la clarté le rire jaune des
anguilles
Les pierres se serraient dans le rempart
Promptes à se joindre, à se réconcilier
L’ouragan dégarnissait les bois,
Les gels en meute se rassemblaient
Chaque cité était cérémonie murmurée,
Verbes d’orages raisonneurs.
Danielle Fayet,
avec la contribution
posthume
(et donc involontaire !)
de René Char,
24 juillet 2018
J'ai voulu rentrer dans ces mots et n'ai pas réussi alors doucement je me suis laissée bercer et ça a marché Quel univers ! Merci
RépondreSupprimerje ne suis pas à l'aise avec la "création poétique"... Alors l'idée d'écrire dessus, mission impossible pour moi... Alors j'ai "bricolé" avec les mots des autres pour y trouver mon propos , et le mieux, en effet, c'est de se laisser bercer ! Merci de l'avoir compris ! Amitiés, Danielle
RépondreSupprimerJ'avoue que moi aussi je suis restée un peu sur le seuil me demandant comment trouver le fil rouge. Puis une autre lecture possible est venue, un profond silence entre chaque strophe pour laisser résonner les mots et leurs images. Oui il y a ces associations qui nous permettent le voyage et nous détournent de l'évidence à goûter. J'avoue qu'à la première lecture j'étais très surprise "ne te reconnaissant pas" ! mais la référence à René Char m'a éclairée !
RépondreSupprimermerci d'avoir osé, c'est peut-être là la clef de la poésie !
Ben... J'ai quand même un peu travaillé ! Ma "création", en effet,ce serait d'avoir utilisé les mots d'un autre (et j'avoue que René Char m'est très hermétique !)pour en faire mes images et tenter de vous les faire partager...
RépondreSupprimerPuis-je dire que j'ai eu un grand bonheur à participer à ce blog ???
Amitiés à toutes, Danielle
Ok Danielle , bien sûr que tu as travaillé, je n'en doute absolument pas et j'espère te retrouver dans une autre page d'écriture Bel été à toi et à toutes
RépondreSupprimerAmitiés